PARTIE 2
POURQUOI ET COMMENT AMENAGER LE TERRITOIRE ?

CHAPITRE 1

CHAPITRE 1 - "AMENAGER POUR REPONDRE AUX INEGALITES CROISSANTES ENTRE TERRITOIRES FRANçAIS, A TOUTES LES ECHELLES"

Comment l’aménagement peut-il réduire les inégalités croissantes entre les territoires ?

A la fin du chapitre, je dois être capable de :
  • Définir et utiliser correctement le vocabulaire étudié (définitions).
  • Localiser et situer  la région parisienne, les 13 régions métropolitaines, les axes de transport.
  • Décrire et expliquer  un aménagement régional puis les grands traits de l’organisation du territoire national.
  • Réaliser un croquis de l’organisation du territoire national.

I. L’aménagement du Grand Paris Express.
A. Pourquoi un « Grand Paris Express » ?
=> Activité polycopiée.

B. Les enjeux et les acteurs du Grand Paris Express.

C’est un enjeu de qualité de vie en Île-de-France, pour que les conditions d’exploitation du réseau soient plus fiables, plus confortables, et apportent une meilleure qualité de service aux usagers.
C’est un enjeu de solidarité au sein de la région, par le désenclavement des territoires les plus défavorisés d’Île-de-France, qui ont besoin d’un accès facilité aux zones d’emploi.
C’est un enjeu d’attractivité de l’Île-de-France et de la France, car le développement équilibré de la région capitale est un sujet d’intérêt national.
C’est un enjeu d’emploi, avec environ 15 000 à 20 000 emplois directs créés par les travaux, puis plus encore, une fois les projets mis en service, grâce à une meilleure efficacité du système métropolitain qui bénéficiera à toutes les entreprises.
Dans ce cadre, le Gouvernement et les collectivités territoriales portent ensemble la réalisation de ce projet par une modernisation et une d’extension du réseau existant, puis par la réalisation de nouvelles lignes de métro automatique. L’ensemble de ce projet, débuté en 2015, devrait être achevé en 2030 pour un coût global de 22.6 milliards d’euros.

Extraits du site internet de la Société du Grand Paris.

II. Réduire les inégalités par l’aménagement du territoire.
A. Des inégalités accentuées par la mondialisation.
L’agglomération parisienne domine l’ensemble du territoire dans tous les domaines en créant un déséquilibre avec le reste du territoire. Ainsi, pour tenter d’atténuer cette macrocéphalie, l’Etat a favorisé le développement de la métropolisation avec les métropoles régionales. Toutefois, les régions littorales et frontalières demeurent aussi attractives car elles représentent des interfaces permettant au territoire d’être intégré à la mondialisation grâce aux réseaux de transports. Seuls quelques espaces dont ceux de la diagonale des faibles densités, mal intégrés à ces réseaux, sont peu attractifs et connaissent une situation de déprise. Ces espaces bénéficient d’une aide de l’Etat et de l’Union Européenne pour se redynamiser.
Métropole : lieu de commandement concentrant tous les types d’activités.
Macrocéphalie : espace largement dominé par un pôle urbain qui freine ou empêche le développement de pôles secondaires.
Métropolisation : concentration des activités et des pouvoirs de décision dans les métropoles.
Interface : zone de contact entre deux espaces différents.
Mondialisation : interdépendance des Etats et de leurs économies.
            B. Le rôle des acteurs publics et privés pour réduire les inégalités.
Depuis les années 1960, l’Etat mène des politiques d’aménagement du territoire pour limiter les différences territoriales. Depuis 2014, le Commissariat Général à l'Egalité des Territoires est ainsi chargé de mettre en œuvre ces politiques. Pour cela, elle dispose des entreprises publiques, mais elle peut aussi faire appel à des groupes privés. Ces politiques ont abouti à une tentative de rééquilibrage territoriale en favorisant la métropolisation. Certaines régions ont développé une importante activité touristique (Alpes, Occitanie), d’autres ont complétement repensé leurs activités économiques (anciennes régions industrielles du nord).
Aménagement : action visant à réduire les inégalités au sein d’un territoire pour le rendre attractif et compétitif.
Depuis les lois de décentralisation de 1982 et 2003, les collectivités territoriales peuvent également intervenir dans l’aménagement du territoire. Ainsi, les régions cherchent à rendre leur territoire attractif en accueillant des activités de hautes technologies (technopôle) et en développant les infrastructures de transport. De même, les villes concentrent leurs efforts sur la réhabilitation des quartiers difficiles ainsi que sur la création d’entreprises pour favoriser l’emploi. D’autre part, l’Etat et l’UE interviennent également en soutenant les politiques de développement durable et en apportant des aides financières aux espaces les plus en difficultés, comme cela est le cas pour les ZUS.
ZUS : Zone Urbaine Sensible dans lesquels l’Etat mène une politique de lutte contre l’exclusion sociale, professionnelle et culturelle de ses habitants.

III. La région, un acteur majeur de l’aménagement.
            A. Qu’est-ce qu’une région ?
La région est un échelon territorial intermédiaire entre l’Etat et  le département. Les lois de décentralisation de 1981-1982 en ont fait une collectivité territoriale. La région s’organise autour d’une capitale régionale et est dirigée par un conseil régional élu au suffrage universel.
Décentralisation : transfert de certains pouvoirs de l’Etat vers les collectivités territoriales.
Collectivité territoriale : division administrative prenant en charge les intérêts de la population d’un territoire précis (région, département, commune). 

A l'origine, le découpage territorial de la région repose avant tout sur une histoire et un mode de vie commun qu’ont en commun les habitants des territoires. Chaque région possède ses propres caractéristiques et pèse différemment dans le poids économique et social du pays. Mais, Pour tenter de réduire les inégalités entre elles, l’Etat en a réduit le nombre en les groupant. Aujourd’hui, la France compte 18 régions dont 13 régions métropolitaines
B. Des compétences de plus en plus élargies.

Les lois de décentralisation de 2003 et 2004 définissent les compétences des régions : la gestion des Lycées, des équipements urbains (équipements sportifs et culturels), des transports en commun ainsi que les activités économiques et l’environnement (agenda 21)
Agenda 21 : document établissant les projets de mise en œuvre du développement durable d’un territoire.

Conclusion.

L’agglomération parisienne constitue le « cœur » du territoire. Elle concentre la population, les principales activités économiques et constitue un nœud de communication majeur en reliant le reste du territoire nationale, l’Europe et le monde. Les actions de l’Etat et de l’Union Européenne ont permis de nuancer ce poids territorial en favorisant le développement économique des régions périphériques (les littoraux et les frontières) pour établir un équilibre avec les métropoles régionales.

CHAPITRE 2

CHAPITRE 2 - "LES TERRITOIRES ULTRAMARINS FRANçAIS : UNE PROBLEMATIQUE SPECIFIQUE"

Comment les particularités des territoires ultramarins nécessitent-ils des aménagements spécifiques ?

A la fin du chapitre, je dois être capable de :
  • Définir et utiliser correctement le vocabulaire étudié (définitions).
  • Localiser et situer  sur un planisphère les territoires ultramarins français.
  • Décrire et expliquer  l’aménagement d’un territoire ultramarin pour montrer qu’il correspond à une volonté de réduire un déséquilibre ou un désavantage de ce territoire.

I. Les territoires ultramarins français.
A. La France, deuxième puissance maritime mondiale.

Les territoires ultramarins sont situés sur les principaux océans  assurant ainsi à la France une présence sur l’ensemble de la planète. Ces territoires sont situés en zone intertropicales, à l’exception des TAAF qui bordent le cercle antarctique.  
Ces territoires permettent à la France d’être la deuxième puissance maritime mondiale car chacun dispose d’une Zone Economique Exclusive.

ZEE : espace maritime dont un Etat peut exploiter les ressources. Une ZEE s’étend entre 370 et 648 km du littoral. 
B. Entre unité et diversité.

Les territoires ultramarins de la zone intertropicale, à l’exception de la Guyane, se présentent sous forme de petites îles ayant des caractéristiques communes :
  • Une forte insularité (isolement) caractérisée par leur éloignement avec la métropole.
  • Des paysages forestiers, montagneux et volcaniques, hostiles à la présence humaine.
  • Une biodiversité très riche.
  • Une concentration des populations sur les littoraux abrités des aléas climatiques intertropicales.
  • Peu de centres économiques majeurs et de grands foyers de populations.
  • Des rapports économiques davantage tournés vers la métropole plutôt que vers les pays voisins.
  • Une économie orientée sur l’agriculture et le tourisme.
  • Une biodiversité très riche.
Ces territoires demeurent attractifs car ils bénéficient de flux financiers provenant de la métropole et de l’Union Européenne. Leur niveau économique contraste avec celui de leur voisin et attirent de nombreux flux migratoires.
Toutefois, ces territoires sont également très différents : ils possèdent de nombreux statuts, parmi lesquels dominent les Collectivités d’outremer (COM)puis les Départements et les régions d’outremer (DROM), et sont plus ou moins bien intégrés à leur espace régional.
Discontinuïté géographique : rupture géographique d’un territoire liée à son isolement (distance, paysage).
COM : territoires regroupant plusieurs types de collectivités territoriales spécifiques dont les Territoires d’Outre-Mer.
DROM : collectivités territoriales d’outre-mer appliquant les lois et règlements spécifiques aux départements et aux régions métropolitaines.

II. Des aménagements pour répondre à des besoins spécifiques.
A. L'exemple du Pont d'Oyapock entre la Guyane et le Brésil.
Souhaité par les présidents Jacques Chirac et Fernando Henrique Cardoso, la construction du Pont d’Oyapock s’étend de 2009 à 2011. Cet ouvrage doit permettre de développer des liens économiques entre la France et le Brésil, mais aussi entre l’Union Européenne et le Mercosur. Ce n’est que le 18 mars 2017 que ce pont a été ouvert à la population suite aux désaccords politiques et économiques entre les deux pays.
L’exemple de ce pont montre que si les territoires ultramarins français tissent des liens privilégiés avec la métropole, ils ont encore beaucoup de difficultés à s’intégrer pleinement à leur espace régional.
Mercosur : marché économique de l’Amérique du Sud. 

B. L'aménagement de la route littorale de l'ïle de La Réunion. 

La région de l’île de La Réunion a décidé de construire une nouvelle route littorale afin de ne plus faire subir à sa population les fermetures répétitives de la route actuelle résultant de la chute des falaises et de la saturation du réseau routier. Mais, cette construction débutée fin 2013, et qui devrait s’achever en 2020, ne fait pas l’unanimité. Son prix de 1,6 milliard d’euros financés par l’Etat (49%), la Région (42%) et l’Union Européenne (9%), prive la population de l’amélioration de ses services actuels (écoles, transports en commun) ou de la construction de voies ferrées inexistantes sur l’île. De plus, le Viaduc risque de détruire la biodiversité du littoral qui est pourtant classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Conclusion.