PARTIE 3
TRANSFORMATIONS DE L'EUROPE ET OUVERTURE SUR LE MONDE AUX XVIe ET XVIIe SIECLES

CHAPITRE 1

CHAPITRE 1 - "LE MONDE AU TEMPS DE CHARLES QUINT ET SOLIMAN LE MAGNIFIQUE"

Comment se transforme le monde entre le XVIe et le XVIIIe siècle ?

A la fin du chapitre, je dois être capable de :
- Définir et utiliser correctement le vocabulaire étudié (définitions).
- Connaître et dater les les personnages et les événements suivant : Charles Quint (1516-1555), Soliman le Magnifique (1520-1566), - Prise de Constantinople (1453), Christophe Colomb découvre (1492).
- Situer et localiser les Empires de Charles Quint et de Soliman le Magnifique sur une carte de la méditerranée au milieu du XVIe s.
- Situer et localiser sur un planisphère les principaux voyages de découverte au XVIe s.
- Décrire et raconter en quelques lignes le premier voyage de Christophe Colomb et la conquête du Mexique par Cortès. 
- Analyser et comprendre des documents de diverses natures (texte, image, carte).


I. Deux empires dominent l’Europe.

A. Le Saint-Empire germanique.

Elu empereur du Saint-Empire germanique en 1519 sous le nom de Charles Quint (1516-1555), Charles de Habsbourg est à la tête de vastes possessions en Europe centrale, mais aussi en Italie et en Espagne. Ces possessions font qu’il constitue une véritable menace pour le royaume de France.  Après la défaite française de Pavie en 1525, Charles Quint fait emprisonné François Ier, mais ce dernier s’associe à un allié puissant : l’empereur ottoman Soliman. Charles Quint tente de combattre cet empire pour défendre la chrétienté et ses possessions, mais il ne parvient pas à le détruire. Il décide d’abdiquer en 1555 en confiant son pouvoir à son fils Philippe et à son frère Ferdinand.

B. L’empire ottoman.

A partir du XIVe siècle, le peuple Turc des Ottomans parviennent à étendre progressivement leur domination à l’Est de l’Europe. L’empereur Mehmed s’empare ainsi de Constantinople en 1453 et en fait sa capitale sous le nom d’Istanbul : c’est la fin de l’empire byzantin. L’empire ottoman continue sa domination territoriale avec l’empereur Soliman le Magnifique (1520-1566) en Afrique, en Asie et en Europe, mais il est stoppé à Vienne en 1529.
Ottomans : dynastie turque qui régna de 1299 à 1923.

C. Deux empires en contact.

Si ces empires se font la guerre, il n’en reste pas moins que leurs populations échangent leurs savoirs et leurs cultures puis développent des échanges commerciaux. Ainsi, après la chute de Constantinople, les savants se sont exilés en Italie en apportant avec eux des manuscrits grecs et latins qui ont favorisé l’émergence de la culture antique chez les européens. De même, avec la fin de la Reconquista espagnole, les musulmans et les Juifs chassés d’Espagne, rejoignent l’empire ottoman pour s’y installer. Enfin, les échanges commerciaux entre les deux empires sont dominés par les grandes villes italiennes telles que Gênes et Venise, qui au-delà du bassin méditerranéen étendent leur commerce jusqu’en mer Noire. 

II. La conquête du monde par les européens. 

A.    Les grandes découvertes.

Avec la chute de l’empire byzantin en 1453, les Européens sont contraints de trouver de nouvelles routes pour pouvoir maintenir leur commerce avec l’Asie. En 1492, les souverains espagnols chargent Christophe Colomb de découvrir une route navigable vers les Indes. Au lieu de cela, ils découvrent les îles des Caraïbes. Ils chargent ensuite Fernand de Magellan de réaliser un tour du monde. Celui-ci débute en 1519, mais Magellan meurt au cours du voyage en 1521. C’est alors, son Second, Juan Sebastian Elcano, qui achève le voyage en 1522. Face à l’échec de Christophe Colomb, les Portugais chargent Vasco de Gama de rejoindre l’Inde en contournant le continent africain en 1498, puis en 1500 ils nomment Pedro Alvares Cabral à la tête d’une expédition chargé de découvrir l’Amérique du Sud. Ces nouvelles expéditions amènent la France à charger Jacques Cartier de faire de nouvelles découvertes. En 1534, il découvre ainsi le Canada. Ces nouvelles découvertes permettent la mise en place de nouveaux échanges commerciaux par l’exploitation de nouvelles ressources et des peuples qui les utilisaient, mais elles permettent aussi de diffuser et répandre la religion chrétienne dans le monde

B.    Les premiers empires coloniaux.

=> Cas d'étude sur Cortès et la conquête du Mexique. 

L’Espagne et le Portugal se partage les nouvelles terres découvertes lors du traité de Tordesillas en 1494. Les Espagnols s’emparent de la côte Ouest de l’Amérique centrale et du Sud en fondant la Nouvelle Espagne entre 1519 et 1521 sous la conduite de Cortès, puis la Nouvelle-Castille. Les Portugais s’installent au Brésil et fondent des ports commerciaux (comptoirs) sur les côtes africaines et asiatiques.
Les colons européens s’installent dans ces colonies pour y exploiter les ressources et les richesses de ces nouvelles terres. Les espagnols créent des plantations de canne à sucre dans lesquelles ils exploitent les Indiens. Mais, suite aux maladies apportées par les européens et aux mauvaises conditions de vie imposées par les colons, le nombre d’Indiens diminue rapidement obligeant ainsi les européens à les remplacer par des esclaves d’Afrique noire.
Grâce à ces exploitations coloniales, les empires coloniaux espagnol et portugais ont pu considérablement s’enrichir et développer leur niveau de vie en Europe : c’est la naissance de la première mondialisation.

Colonie : territoire occupé et gouverné par un puissance étrangère.
Empire colonial : ensemble des territoires administrés par un pays étranger.
Plantation : vaste domaine agricole consacré à l’exploitation de produits tropicaux.

Conclusion.

CHAPITRE 2

CHAPITRE 2 - "HUMANISME, REFORMES ET CONFLITS RELIGIEUX"

Quelles sont les bouleversements culturels et religieux en Europe entre la fin du XVe et le XVIe siècle ?


A la fin du chapitre, je dois être capable de :
- Définir et utiliser correctement le vocabulaire étudié (définitions).
- Connaître et dater les événements : humanisme et Renaissance (XVe-XVIe siècle), Edit de Nantes (1598).
- Caractériser ce qu’est l’Humanisme et la Renaissance à travers des œuvres ou des artistes représentatifs de ces mouvements.
- Raconter et expliquer un progrès scientifique majeur.
- Caractériser la Réforme protestante et la Réforme catholique. 
- Caractériser et raconter brièvement les guerres de religion en Europe et les moyens mis en œuvre pour y mettre fin.


I. La Révolution culturelle et scientifique.

A. L’Humanisme.

A partir de la fin du XVe siècle, les Hommes redécouvrent l’Antiquité et font connaître la pensée des auteurs grecs et romains en s’opposant à la pensée religieuse : c’est la naissance de l’Humanisme.
Tout comme Erasme (1467-1536), les humanistes répandent leurs idées à travers leurs enseignements, leurs correspondances et leurs voyages dans les grandes villes intellectuelles d’Europe.

Humanisme : courant de pensée se développant entre le XVe et le XVIe siècle et étudiant les œuvres de l’Antiquité gréco-romaine. Il met l’Homme et le progrès de l’humanité au centre de ses études.  

B. La Renaissance.

L’Humanisme touche également les arts en donnant naissance à la Renaissance. Ce mouvement artistique apparaît en Italie au XVe siècle puis se diffuse dans les grandes villes intellectuelles de l’Europe à partir du XVe siècle.
Les artistes de la Renaissance, tels que Michel-Ange (1475-1564) ou Léonard de Vinci (1452-1519), réalisent des œuvres s’inspirant de l’Antiquité, de la religion ou de la vie quotidienne. Ils mettent au point de nouvelles techniques comme la peinture à l’huile ou encore la perspective qui permet de donner de la profondeur à leurs œuvres. Les artistes sont financés par de riches mécènes qui contribuent à la diffusion de leurs œuvres.

Renaissance : mouvement artistique né aux XVe et XVIe siècles qui s’appuie sur l’Antiquité et accorde une plus grande place à l’homme.
Mécène : personne riche et puissante qui protège et fait vivre les artistes en leur commandant et en finançant leurs œuvres. 

C. La Révolution scientifique.

La remise en cause des anciennes théories grecques et arabes permet aux sciences de faire de nombreux progrès. Ainsi, la vision du monde est totalement transformée par les découvertes de Copernic (1473-1543) sur l’héliocentrisme.
Les nouvelles idées scientifiques se diffusent rapidement grâce au développement de l'imprimerie par l'Allemand Gutenberg au XVe siècle. Mais, ces progrès scientifiques se heurtent aux conceptions religieuses et au pouvoir royal. Les savants sont donc nombreux à subir la censure et le jugement de l’Eglise comme Galilée (1554-1642) en 1633.

Héliocentrisme : description du système solaire qui fait du Soleil, l’astre autour duquel tournent les planètes.
Censure : contrôle et/ou interdiction des publications par une autorité religieuse ou politique. 

II. Réformes et conflits religieux en Europe.

A. La division religieuse. 

A la fin du Moyen-Âge, les peuples européens connaissent de nombreuses crises qui les amènent à remettre en cause leur foi dans une Eglise qui, s'est enrichie à leurs dépens et, ne répond plus à leurs attentes.
L'Eglise chrétienne se divise en plusieurs branches : c'est la Réforme protestante.
Cette réforme comprend trois grands courants :
- le luthérianisme mis en place par l'Allemand Martin Luther en 1517 et qui souhaite un retour du christianisme tel qu’il l’était avant le développement de la hiérarchie ecclésiastique.
- l'anglicanisme, mis en place par le roi d'Angleterre, Henri VIII, suite à un conflit l'opposant au Pape en 1534.
- le calvinisme mis en place par Jean Calvin en 1541 qui souhaite la mise en place d’un christianisme basé uniquement sur les textes bibliques.

Pour contrer les critiques protestantes, la papauté organise un Concile dans la ville de Trente en Italie de 1545 à 1563. Le Pape Paul III y réaffirme le dogme chrétien en condamnant l'hérésie protestante et en prônant la prédication et l’enseignement du peuple par les Jésuites. Ce concile ne permet pas de mettre fin aux conflits opposants catholiques et protestants.
Concile : assemblée d'évêques réunis par le pape pour discuter de questions religieuses.
Hérésie : idées religieuses jugées contraires au dogme de l'Eglise catholique.
Prédication : action de pêcher, d'enseigner une religion.
Jésuite : ordre religieux fondé en 1537 par Ignace de Loyola sous le nom de Compagnie de Jésus.
B. Guerres et paix de religion.

Conclusion. 

CHAPITRE 3

CHAPITRE 3 - "DU PRINCE DE LA RENAISSANCE AU ROI ABSOLU (FRANçOIS Ier, HENRI IV, LOUIS XIV)"

Comment la monarchie impose-t-elle son pouvoir ?

A la fin du chapitre, je dois être capable de :
- Définir et utiliser correctement le vocabulaire étudié (définitions).
- Connaître et dater les événements suivants : François Ier (1515-1547), Henri IV (1589-1610), édit de Nantes (1598), règne personnel de Louis XIV (1661-1715), édit de Fontainebleau (1685)
- Caractériser et raconter l’évolution de l’affirmation du pouvoir royal de François Ier à Louis XIV.
- Raconter et expliquer une journée de Louis XIV à Versailles caractérisant le pouvoir absolue.  


I. Le Renforcement du pouvoir royal par François Ier.

A. Une cour soumise et itinérante.

François Ier (1515-1547) se déplace dans ses nombreux châteaux, construits autour de la Seine et de la Loire, toujours accompagné de sa cour. Admiratif des arts de la Renaissance, il fait venir de nombreux artistes italiens comme Léonard de Vinci, Le Rosso ou Le Primatice chargés d’embellir ses châteaux.

B. L’affirmation du roi.

François Ier agrandit les pouvoirs du roi. Avec le Concordat de Bologne de 1516 signé avec le Pape, il soumet l’Eglise à son autorité en nommant les évêques et les abbés de son royaume. De même, par l’ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, il renforce l’unité du royaume en imposant la langue française comme langue officielle. D’autre part, il continue d’agrandir le domaine royal par la guerre. En 1515, il remporte la victoire de Marignan en Italie et s’empare du Duché de Milan, qui est rapidement repris par l’empereur Charles Quint. Enfin, il a réussi à soumettre les Grands seigneurs de son royaume qui n’ont plus les moyens de lui résister.

Concordat : traité signé entre le roi et le pape.
Ordonnance : loi décidée par le roi qui s’applique à l’ensemble du royaume.

II. L'autorité royale affirmée par Henri IV.

A. La fin des guerres de religion.

Dès son arrivée sur le trône, Henri IV (1589-1610) est confronté aux guerres de religion qui opposent catholiques et protestants. Pour affirmer son autorité royale et se faire accepter par l’ensemble de ses sujets, Henri IV, qui est protestant, décide de se convertir au catholicisme avant de se faire sacrer à Chartres en 1594. Il parvient à mettre fin aux conflits en proclamant l’édit de Nantes en 1598 qui instaure la liberté de culte aux protestants et aux catholiques

B. La paix et ses conséquences.

En mettant fin aux conflits religieux, Henri IV rétablit la paix et son autorité sur le royaume. Il s’entoure de ministres efficaces comme le surintendant des finances, Sully. Il parvient également à soumettre le Parlement de Paris à son obéissance. La situation économique et la vie de la population s’améliorent. Bien que très populaire, Henri IV s’est tout de même fait quelques ennemis avec sa politique religieuse. En 1610, il est assassiné par Ravaillac, un catholique fanatique qui n’a jamais approuvé l’édit de Nantes.
Parlement de Paris : Cour supérieure de Justice qui enregistre toutes les décisions royales. Elle peut donc s’opposer au roi. 

III. L'émergence du pouvoir absolu.

A. Louis XIV, un roi de droit divin. 

Louis XIV n’a que 5 ans lorsque son père meurt en 1643. C’est sa mère, Anne d’Autriche, et son premier ministre, Mazarin, qui exercent alors la régence. Mais, les nobles se révoltent pour obtenir leur participation au pouvoir : c’est la « Fronde » (1648-1653). Réprimés violemment par Mazarin, les nobles finissent par se soumettre au roi. A la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV décide de gouverner sans premier ministre : c’est le début de son règne personnel.
Fronde : révolte des nobles et des parlementaires pendant la minorité de Louis XIV.
Régence : période durant laquelle une personne gouverne le royaume en attendant la majorité du roi (13 ans).

Louis XIV affirme détenir son pouvoir de Dieu. Il lui a été donné lors de son sacre. Il considère les Français comme ses sujets qui doivent lui obéir. Tout opposant peut être arrêté par lettre de cachet. Mais, le roi doit aussi respecter les lois fondamentales du royaume.Lois fondamentales : coutumes que le roi doit respecter (privilèges du clergé, de la noblesse, des provinces, etc.).

A. Louis XIV, un roi de droit divin. 
Louis XIV n’a que 5 ans lorsque son père meurt en 1643. C’est sa mère, Anne d’Autriche, et son premier ministre, Mazarin, qui exercent alors la régence. Mais, les nobles se révoltent pour obtenir leur participation au pouvoir : c’est la « Fronde » (1648-1653). Réprimés violemment par Mazarin, les nobles finissent par se soumettre au roi. A la mort de Mazarin en 1661, Louis XIV décide de gouverner sans premier ministre : c’est le début de son règne personnel.
Fronde : révolte des nobles et des parlementaires pendant la minorité de Louis XIV.
Régence : période durant laquelle une personne gouverne le royaume en attendant la majorité du roi (13 ans).

Louis XIV affirme détenir son pouvoir de Dieu. Il lui a été donné lors de son sacre. Il considère les Français comme ses sujets qui doivent lui obéir. Tout opposant peut être arrêté par lettre de cachet. Mais, le roi doit aussi respecter les lois fondamentales du royaume.Lois fondamentales : coutumes que le roi doit respecter (privilèges du clergé, de la noblesse, des provinces, etc.).
B. la politique absolutiste.
Sur le plan religieux, Louis XIV exige l’unité religieuse de son royaume. Catholique très pratiquant, Il ordonne la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 et établit le catholicisme comme la seule religion officielle du royaume. Les protestants sont alors persécutés pour qu’ils se convertissent (exemple des Dragonnades). 250 000 protestants décident alors de quitter la France.
Sur le plan politique, le roi contrôle tout. Louis XIV administre son royaume seul en décidant des lois, de la paix et de la guerre. Il s’entoure d’un petit nombre de ministres répartis dans 4 conseils, puis il nomme des intendants dans les provinces chargés de faire exécuter ses décisions. Il contrôle également les nobles en les intégrant dans sa cour à Versailles à partir de 1682. Il contraint également les artistes et les écrivains à se regrouper dans des académies pour pouvoir contrôler la diffusion de leurs idées au sein du royaume.
Sur le plan économique, Louis XIV charge son ministre des finances, Colbert, de développer l’industrie en créant les manufactures royales ainsi que d’aménager les ports et de creuser des canaux pour développer l’économie du royaume avec le reste du monde.
Sur le plan territorial, Louis XIV parvient à agrandir le royaume par la guerre : 29 guerres en 50 ans ! Le royaume s’étend ainsi sur le Nord, l’Est et le Sud.

Pouvoir absolu : un pouvoir qui n’a pas de limites.
Révocation : annulation d’une décision.
Académie : association regroupant des écrivains, des savants, des artistes fondée et aidée par l’Etat.

 
Conclusion.
En mettant fin à l’instabilité religieuse et en prenant le contrôle des Grands seigneurs et de la noblesse, les rois de France ont pu asseoir leur pouvoir et leur autorité. Autorité qui atteint son maximum sous le règne personnelle de Louis XIV de 1661 à 1715 avec le pouvoir absolu.